Le blog de Dasola

mercredi 20 juin 2018

Scherbius (et moi) - Antoine Bello

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Après Noukette, Cuné et Papillon je vous conseille de lire le nouveau roman d'Antoine Bello, Scherbius (et moi), qui m'a procuré un grand plaisir de lecture (Editions Gallimard, 437 pages épatantes). L'histoire se passe entre 1977 et 2004. Maxime Le Verrier, psychiatre de renom, accepte, à la demande d'un confrère, le professeur Monnet, venu en personne, de prendre comme patient un certain Alexandre Scherbius. Dès que Le Verrier accepte, Monnet, en un clin d'oeil, enlève ses lunettes, arrache sa fausse barbe, fait s'envoler la farine sur ses cheveux et c'est donc Scherbius qui se présente devant Le Verrier. Scherbius est un être insaisissable qui n'arrête pas d'affabuler. C'est un imposteur à personnalités multiples. Page après page, on découvre les nombreuses vies de Scherbius. Il est tour à tour jeune moine dans un monastère, militaire, enseignant, diplomate, joueur au casino (où il gagne suffisamment pour vivre). Il se dit aussi capable de concourir au JO de Moscou en 1980 au tir à l'arc. Scherbius n'arrête pas de broder sur sa vie qui le mènera quelques années en prison car c'est aussi un escroc. L'ensemble est assez vertigineux car ce que l'on croit être vrai est faux. Le Verrier, quant à lui, pendant toutes ces années où il s'est occupé de Scherbius, a écrit un ouvrage sur la personnalité extraordinaire de son patient et tout ce que ce dernier a pu lui raconter. Cinq éditions augmentées chaque fois de quelques chapitres, paraissent avec un intervalle de cinq ans entre 1978 et 1998, et une ultime édition, la sixième, sera édité en 2004. Et chaque fois, l'ouvrage sera un succès. Comme Scherbius, Bello qui est un conteur hors pair, et nous mène en bateau pour notre plus grand bonheur. A vous de me dire si Scherbius et Le Verrier sont la même personne.

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lundi 18 juin 2018

Le cercle littéraire de Guernesey - Mike Newell

Si vous avez aimé le roman épistolaire de Mary Ann Sheffer et Annie Barrows qui a été beaucoup chroniqué sur les blogs, vous devriez apprécier l'adaptation cinématographique. C'est un film plaisant, bien joué par des acteurs britanniques pas forcément très connus. En 1946, une jeune Londonienne Juliet Ashton qui, comme d'autres Britanniques, a souffert des bombardements sur Londres pendant la seconde guerre mondiale, est une jeune femme écrivain en mal d'inspiration. Lorsque un jour, elle reçoit une lettre de Dawsey Adams, éleveur de cochons dans l'île de Guernesey et membre d'un cercle littéraire créé en 1941 sous l'Occupation: Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (titre original du roman et du film). Juliet, presque fiancée à un Américain est assez intriguée pour s'embarquer vers l'île de Guernesey (chère à Victor Hugo dont il n'est fait aucune mention). Là, elle rencontre les membres du cercle. Ils sont quatre, deux femmes et deux hommes dont Dawsey, un homme un peu taciturne mais pas mal de sa personne. Un cinquième membre, Elizabeth McKenna manque à l'appel (on saura pourquoi vers la fin de l'histoire). Il y aussi un petite fille appelée Kit à qui Juliet dédiera un manuscrit. Il faut rappeler que l'île de Guernesey (comme Jersey) a été un avant-poste de l'armée allemande. Les habitants de l'île ont souffert de la faim et du froid tout comme les membres du cercle qui ont créé un groupe chaleureux leur ayant permis de supporter les privations. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, je vous laisse la découvrir. C'est une sorte d'enquête que mène Juliet. Ce film fait du bien (l'histoire d'amour est belle), et ce malgré quelques drames. Et si vous n'allez pas au cinéma, lisez le roman. Pascale a été conquise.

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samedi 16 juin 2018

Jurassic World : Fallen Kingdom - J. A. Bayona

Pour ceux qui aiment les films avec des dinos toutes dents et griffes dehors, Jurassic World : Falllen Kingdom est fait pour vous. On retrouve quelques personnages  (comme Claire et Owen) du film précédent Jurassic World plusieurs années après. Le parc d'attractions est en ruines et le volcan sur l'île est en train de réveiller. Pour sauver les dinos qui vivent sur l'île, quelques états dont les Etats-Unis se demandent s'il faut aller en secourir. Ils sont devancés par une expédition privée et armée commanditée par Eli MIlls "homme de confiance" de Lockwood, lui-même ancien asoocié d'Hammond, créateur du "Jurassic Park". Lockwood, qui est alité, demande à Claire (Bryce Dallas Howard), la dernière directrice du parc ,de se joindre à l'expédition, et Claire convainc Owen (Chris Pratt) - celui qui arrive à dresser les "raptors" - de se joindre à elle. Tout ce petit monde arrive sur l'île qui est en train de se recouvrir de lave. Owen veut surtout sauver "Blue", le seul raptor survivant du film précédent. On se rend compte assez vite que l'expédition qui attrape au moins un spécimen de chaque espèce ne le fait pas pour des motifs louables. Gravement blessée, Blue sera sauvée grâce à une transfusion involontaire par un "T-Rex". Dans la demeure de Lockwood où tous les animaux sont gardés dans des cages, les événements se précipitent et un dinosaure encore plus monstrueux et intelligent fait son apparition. Certaines séquences font très peur (donc ce film est à déconseiller aux personnes impressionnables et aux très jeunes enfants). Une fois de plus, j'ai été bluffée par les effets spéciaux. Les dinosaures sont plus vrais que nature. Un film distrayant pour ceux qui aiment ce genre. Pour rebondir sur la fin du billet de Pascale, je ne confonds pas Bryce Dallas Howard et Jessica Chastain, même si elles sont rousses toutes les deux.

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jeudi 14 juin 2018

Champions - Javier Fesser / La mauvaise réputation - Iram Haq

Suite à mes deux billets précédents, voici les 4ème et 5ème films qui m'ont plu.

Je commence par Champions (Campeones), un sympathique film espagnol de Javier Fesser qui raconte comment Marco, un entraîneur d'une équipe professionnelle de basket-ball se retrouve à entraîner une équipe de déficients mentaux (trisomiques et autres). Pour avoir conduit en état d'ébriété, Marco est condamné à trois mois de travaux d'intérêt général par une juge dont le neveu fait partie de l'équipe. Par ailleurs, Marco a des problèmes relationnels avec sa compagne qui est prête à avoir un enfant tandis que lui, non. Entraîner cette équipe composée d'hommes et d'une jeune fille "différents" et aux caractères bien à eux n'est pas une mince entreprise. Certains d'entre eux sont des handicapés de naissance, d'autres ont eu des traumatismes au cours de leur vie qui les ont fait devenir ce qu'ils sont. Marco veut se défiler plusieurs fois mais il ne peut pas, la juge y veille, tout comme un vieil homme qui coordonne l'équipe. Bien évidemment, tout va aller de mieux en mieux. Marco va s'attacher à eux et réciproquement. Un joli film qui peut changer le regard du spectateur sur les handicapés si ce n'est pas le cas.

Je passe à La mauvaise réputation d'Iram Haq. Pascale a eu du mal à se remettre de la projection. On peut la comprendre. En Norvège, dans la communauté pakistanaise, Nisha, 16 ans, vit presque une double vie. A l'extérieur, elle mène une vie d'Européenne, elle voit des amis, elle fréquente des garçons. Chez elle, c'est une autre histoire, elle obéit à ses parents, à cheval sur les traditions, qui n'admettent pas qu'une fille puisse fréquenter un garçon s'il ne se marie pas avec elle. Ils craignent le "qu'en-dira-t-on". Le titre original du film en urdu est "Qu'est-ce que les gens vont dire?". Mirza, le père, un être doux en apparence, devient violent, quand, une nuit, il surprend Nisha dans sa chambre avec un garçon. Mirza tabasse gravement le petit ami et Nisha se réfugie dans un foyer où elle est prise en charge par les services sociaux. Plus tard, quand Nisha revient chez ses parents, elle est enlevée par son père et son frère qui l'emmènent loin. Son père l'accompagne jusqu'au Pakistan chez sa soeur et son beau-frère. Là, elle devra devenir une bonne Pakistanaise. Elle est vraiment prisonnière et ne peut aller nulle part. Je vous laisse découvrir les humiliations qu'elle va subir avant son retour en Norvège. Comme Pascale, je n'ai aucune sympathie pour les adultes, la mère et la tante de Nisha sont à mon avis les pires. On se demande comment elles peuvent se comporter ainsi entre femmes. A priori, le personnage de Nisha ressemble à la réalisatrice qui a écrit le scénario. Pendant 26 ans, cette dernière n'a pas revu ses parents. Son père l'a contactée peu de temps avant qu'il ne décède. Elle lui a pardonné.

Pour l'anecdote, j'ai vu le film dans une immense salle de province d'au moins 400 places, nous étions... 3 spectatrices (je dis bien: zéro spectateurs). C'est peu. Dommage car le film vaut largement la peine qu'on aille le voir.

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mardi 12 juin 2018

Trois visages - Jafar Panahi

Suite à mon billet précédent, je continue avec Trois visages de l'Iranien Jafar Panahi qui a aussi signé le scénario. Ce scénario a d'aileurs été récompensé par un prix au dernier festival du film de Cannes. L'histoire débute par un film vidéo que Behnaz Jafar, une célèbre actrice iranienne, reçoit sur son téléphone portable. Sur la vidéo, une jeune fille prend à partie l'actrice en lui repprochant de ne pas l'avoir aidée, de ne pas avoir répondu à ses appels. Elle l'appelle à l'aide avant de se pendre dans un genre de grotte ouverte. Behnaz Jafari, qui culpabilise, annule un tournage en cours et demande à son ami le réalisateur Jafar Panahi, de l'accompagner au nord ouest de l'Iran pour vérifier ce qu'il est en est. La jeune fille qui rêve d'être actrice est-elle morte ou encore vivante? Est-ce une tragédie ou un canular? Cela nous permet de voir les paysages rocheux et assez désolés de cette partie de l'Iran où l'on parle turc dans des villages comme celui où vit la jeune fille, Marziyeh. Quand ils arrivent en voiture 4x4 par une route étroite où il est impossible de rouler en double-sens (et où parfois, un taureau qui a fait une mauvaise chute bloque tout), Behnaz et Jafar apprennent que Marzizyeh a disparu depuis 3 jours, on ne sait pas où elle se trouve. Son frère, très remonté contre elle, ne veut pas qu'elle devienne actrice. Dans certaines parties de l'Iran, les actrices sont considérées comme des femmes de mauvaise vie, même si, par ailleurs, Behnaz reçoit au début un accueil chaleureux des villageois. Elle est en effet connue même dans ces contrées reculées, à la différence de Jafar Panahi. Ce dernier ne parle pas beaucoup et reste souvent dans sa voiture qui lui sert de refuge. On le sent à l'aise dans cet habitacle confiné. Le troisième visage (de femme) du titre est celui de Shaharzad, une actrice plus très jeune qui fut célèbre avant la révolution islamique. On parle d'elle, on ne la voit qu'en ombre chinoise au loin à travers une vitre et on l'entend en voix "off" dire un texte. Elle vit désormais dans le même village que Marziyeh. Avec ce film, le réalisateur évoque son pays avec poésie et parfois humour (évocation du prépuce voyageur) et un peu de tendresse. Il décrit les contraintes sociales et les traditions ancestrales qui régissent la vie de ces gens. Depuis plusieurs années, Jafar Panahi gêne les autorités religieuses de son pays. Il aurait le droit de sortir du territoire iranien mais alors il serait empêché d'y revenir. C'est sa fille qui est venue recevoir le prix à Cannes. Un film à voir. Pour ceux qui ne connaissent pas Jafar Panahi, qui a été l'assistant du réalisateur Abbas Kiarostami, je recommande Le cercle (2000) et Taxi Téhéran (2015). Lire le billet de Maggie.

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samedi 9 juin 2018

Opération Beyrouth - Brad Anderson / Une année polaire - Samuel Collardey

Je suis contente car je viens de voir en une semaine cinq (5) bons films qui viennent de sortir.

Voici les deux premiers. Je les chronique dans l'ordre où je les ai vus.

Opération Beyrouth de Brad Anderson est un thriller politique très honorable que je vous conseille tout comme Pascale. Le scénario bien écrit est de Tony Gilroy qui a fait les adaptations des "Jason Bourne" et qui est aussi le réalisateur et le scénariste Michael Clayton. En 1972, à Beyrouth, un diplomate américain Mason Skiles organise une soirée avec le "tout Beyrouth". Marié, il est sur le point d'adopter un petit Libanais de 12 ou 13 ans, Karim. Peu après le début de la réception, un ami de Skiles, Cal Riley membre de la CIA, apporte des informations inquiétantes sur Karim. Une fusillade éclate et Karim est enlevé. 10 ans plus tard, en 1982, Mason devenu alcoolique vit à Boston et travaille comme médiateur dans des entreprises. Ce métier va lui servir quand il retourne à Beyrouth un peu à l'insu de son plein gré. Il retrouve Beyrouth ravagé par la guerre. Son ami Cal a été kidnappé et les ravisseurs ne veulent traiter qu'avec Mason. Je m'arrête là pour le résumé. Le film bien rythmé tient en haleine jusqu'au bout. Skiles interprété par Jon Hamm (un acteur à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas la série Mad Men) doit louvoyer entre la CIA, Tsahal et Israël et l'OLP. Il est épaulé par Sandy Crowder (Rosamund Pike, toujours très bien). Elle n'est pas qu'une simple faire-valoir. Je crois que le film passe inaperçu (comme aux Etats-Unis) et c'est bien dommage. Je recommande.

Je passe à Une année polaire de Samuel Collardey qui un docu fiction. Anders, un grand Danois barbu a fait des études pour devenir instituteur au grand dam de son père qui comptait qu'Anders, son enfant unique, reprenne la direction de l'immense ferme familiale depuis huit générations. Dans la première scène, dans un bureau, on voit Anders admirer une photo qui pourrait être une partie du Groenland. C'est là qu'il choisit de partir pour son premier poste, dans un village de 80 habitants, des Inuits qui voient les Danois comme des colonisateurs. La plupart des adultes parlent groenlandais, l'une des quatre langues inuit. Dès le premier jour de classe, Anders se rend compte qu'il n'est pas le bienvenu. Les jeunes élèves dont Asser (haut comme trois pommes) sont insolents envers lui. Anders constate tout de suite un absentéisme des élèves. Il mène son enquête. Asser, par exemple, soutenu par sa grand-mère, préfère partir chasser le phoque avec son grand-père que d'aller à l'école. Il s'interroge aussi sur le fait que les enfants ne vivent pas forcément avec leurs parents mais plutôt avec une famille d'accueil, cousins ou autres. Les conditions de vie sont rudes. En particulier, il faut aller chercher de l'eau potable dans une citerne. Une petite partie du film se déroule dans des étendues glacées à perte de vue. Grâce à ce film, j'ai appris comment, pendant la période des neiges, on entreposait les personnes décédées dans leur cercueil. En effet, on ne peut pas creuser la terre. Le cercueil est placé dans un genre de niche avec une croix sur le côté en attendant la fonte des neiges. Petit à petit, Anders s'acclimate en se mettant à la langue groenlandaise et en partant pêcher et chasser le phoque et l'ours blanc. Les Inuits se nourrissent de chair de phoque tous les jours. Pour l'ours blanc, je vous laisse découvrir ce qui arrive et si Anders restera ou pas dans ce village. Un joli film très dépaysant.

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jeudi 7 juin 2018

Vive les comédiens! - Cabu (le livre)

Je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] me suis dépêché pour compléter mon hommage à Cabu du mois dernier (dans ma série en mémoire des tués de Charlie hebdo)...

Quelques semaines après notre sortie à la Comédie Française, dasola m'a offert le livre-catalogue de l'exposition Cabu (Vive les comédiens!), qui n'était pas encore paru lorsque nous étions allé voir à la librairie du théâtre.

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L'ouvrage contient quelques textes sur les rapports qu'a entretenu Cabu avec le théâtre toute sa vie, mais rappelle aussi les figures et événements marquants des dernières décennies. Cerise sur le gâteau pour un gestionnaire de bases de données: j'y ai trouvé une liste "complète" des affiches théâtrales illustéres par Cabu (qui fleure le catalogue de la collection particulière d'un passionné). Mais j'en ai maintenant la certitude: nous n'avions pas vu tous les dessins exposés! En voici quelques-uns pour compléter les photos précédentes.

P1090452 p. 93, un dessin datant de 1957 et des débuts de Cabu dans la presse nationale (Ici Paris). A l'époque, on ne parlait pas encore en France de "kawaii" (dessin "mignon", dans les manga)...

Dans les années 60, faute de photocopieuse, Cabu découpait des têtes particulièrement réussies pour les réutiliser dans d'autres compositions comme des "rustines" [terme que m'avait enseigné le 1er dessinateur que j'aie jamais interviewé, il y a une trentaine d'années]. Voici, entre autres exemples, Jean Piat,

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P1090448  P1090450  P1090449  Cabu pouvait semble-t-il avoir ses "têtes". Ici, Robert Lamoureux, bien reconnaissable dans trois dessins différents (pp. 59, 69, 61).

Le livre propose à plusieurs reprises d'intéressants parallèles entre les illustrations réalisées pour la critique théâtrale du Figaro pour telle ou telle pièce et la chronique / critique complète (dessin + texte) dans Hara-Kiri (pour le même spectacle) [personnellement, je n'ai jamais lu Hara-Kiri - j'étais trop jeune]. Ici, cela concerne une pièce nommée Les poissons rouges, ... (p.66).

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Le choix de dessins de l'exposition et du livre ne montre pas grand-chose sur la religion (tandis que la critique sociale est largement présente - j'ai bien aimé le dessin sur le Festival d'Avignon p.99). P1090453

Imagine-t-on les Anglais lançant l'anathème pour crime de lèse-auteur national? (p.100)  P1090454

Ci-après un document intéressant, un "Grand Duduche" inédit (?), ou en tout cas refusé, à l'époque, pour Pilote, par Goscinny (pourquoi?).  P1090462 p. 135.

Pas facile, la vie d'artiste / d'acteur? (p.140) [il m'a fallu regarder attentivement le croquis avant d'en savourer le sens].

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Et pour finir, j'ai bien aimé ce dessin "de jeunesse" (13 ans?! Inédit?), p.130.

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Le blog Marque pages en parle aussi.

Pour ma part, mon prochain article à venir pour juillet portera peut-être encore sur Cabu... avant de repasser les mois suivants sur d'autres auteurs assassinés aussi le 7 janvier 2015 - que je n'oublie pas non plus.

*** Je suis Charlie ***

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mardi 5 juin 2018

Une certaine rencontre - Robert Mullligan / Foxtrot - Samuel Maoz

Voici deux films qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre sauf que je les ai vus le même soir de la semaine dernière l'un après l'autre. Je suis rentrée chez moi vers 23 heures sous une pluie battante à Paris et je n'avais bien entendu pas de parapluie... Mais quant on aime le cinéma, on met de côté ces détails.

Je commence par Une certaine rencontre de Robert Mulligan (1964), j'y suis allée pour Natalie Wood et Steve McQueen. C'était la première fois que j'entendais parler de ce film invisible depuis 1964. J'ai été un peu mitigée même si la séquence d'ouverture est très réussie: une grande salle pareille à une salle de spectacle sans les fauteuils. Tout à coup, elle commence à se remplir. Des musiciens de toutes sortes qui courent le cachet attendent qu'on les appellent pour une prestation. Parmi eux, Rocky (Steve McQueen) en quête d'un contrat d'un soir. Peu de temps après, on voit arriver une jeune femme Angie (Natalie Wood) Elle profite de sa pause déjeuner (elle est vendeuse dans un grand magasin new-yorkais). Elle se dirige vers Rocky et lui annonce qu'elle est enceinte et qu'elle veut avorter. Rocky est stupéfait et ne sait pas quoi faire. Leur aventure a duré une nuit et lui l'a déjà oubliée. Angie est issue d'une famiile italienne très protectrice envers elle. Ses frères la surveillent de près. Elle fait tout pour s'émanciper mais sa grossesse n'était pas prévue. Rocky va accepter de l'aider. Pour ce faire, il renoue avec sa propre famille qui lui donne de l'argent. La séquence où Angie doit se faire avorter est marquante. Je pense que c'était assez osé pour l'époque et pour l'Amérique. L'ensemble du film est un enchaînement de scènes qui n'ont pas beaucoup de lien entre elles. Il manque un scénario structuré. Le couple McQueen/Wood est sympathique mais ils ne jouent pas sur le même registre. Natalie Wood en fait un peu beaucoup dans certaines scènes (elle manque un peu de retenue, elle est même parfois crispante) et Steve McQueen n'est pas mal dans son rôle d'homme dépassé par les événements mais qui assume quand même. Une partie du film se passe en extérieur avec les acteurs filmés au milieu de figurants. L'épilogue "happy end" avec le baiser final au milieu de la foule n'est pas forcément crédible. Comme Strum le fait remarquer, la musique d'Elmer Bernstein est belle. Ce film est une curiosité et vaut la peine d'y aller pour le couple Wood/McQueen.

Les photos de la brochure à l'entrée de la salle.

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Je passe maintenant à Foxtrot du réalisateur israélien Samuel Maoz. Le film se donnait dans le cinéma juste à côté de l'autre dans une rue du Quartier Latin. J'en profite pour remercier Pascale de m'avoir convaincue d'aller le voir. Je me joins à son avis très positif: Foxtrot qui a reçu le Grand prix du jury au festival de Venise en 2017 vaut la peine d'être vu.

Le film se décompose comme une pièce en trois actes. Acte 1, Michael Feldmann, la presque cinquantaine, habitant dans un grand appartement pas très gai, apprend que son fils Yonatan qui faisait son service militaire est mort à un poste frontière en Israël. Cet homme est dévasté tout comme sa femme Daphna qui est mise sous sédatif. Pendant plus d'une demi-heure, on peut ressentir ce que des parents peuvent éprouver à la perte de leur enfant. Ils n'osent même pas dire à leur fille ce qui s'est passé. Michael ne pleure pas mais il s'auto-mutile. Cette disparition est d'autant plus terrible que l'armée, qui organise les obsèques, refuse que Michael et Daphna voient le corps de leur fils mort.

Acte 2: On découvre Yonatan et quelques soldats comme lui qui gardent un poste frontière au milieu de nulle part où s'arrêtent quelques voitures à contrôler. Ils dorment dans un baraquement qui a tendance à s'enfoncer dans la boue. Quand un dromadaire tout seul surgit sur la route, ils lèvent la barrière sans hésiter. Ils passent le temps comme ils peuvent, en dansant le foxtrot par exemple ou en dessinant. Il leur arrive malheureusement de commettre de tragiques bavures lors de contrôles.

Acte 3 : Retour dans l'appartement où l'on retrouve Michael et Daphna moins abattus alors que...

J'ai trouvé les images et certains plans magnifiques, comme les vues plongeantes sur les personnages. C'est un film qui parle de l'absurdité des guerres en général. J'ai trouvé l'ensemble terrible et poignant. Pendant le générique de fin, j'ai entendu une femme sangloter dans la salle. Un film à voir, pour l'histoire, pour les partis pris de mise en scène et aussi pour les acteurs, s'il passe encore par chez vous.

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samedi 2 juin 2018

Dans les angles morts - Elizabeth Brundage

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Je viens de terminer Dans les angles morts de l'Américaine Elizabeth Brundage (Editions Quai Voltaire / La Table ronde, 512 pages). Ce roman est tout à fait le genre d'histoire que j'aime avec des personnages que je serais contente de rencontrer (enfin pas tous). Ce roman est avant tout un thriller psychologique qui commence par un crime affreux dans une ferme isolée aux abords d'une petite ville située dans l'état de New-York. Le 23 février 1979, George Clare, professeur d'université, se présente tout bouleversé devant le seuil de la maison de ses voisins. Il porte dans ses bras sa fille Franny âgée de 4 ans. Il leur annonce qu'il est arrivé quelque chose à sa femme Catherine. Six mois plus tôt, pendant l'été 1978, George, son épouse, Catherine et leur fille Frances (Franny) emménagent dans une maison où un suicide a eu lieu peu de temps auparavant. Mme et Mme Hale, un couple de fermiers ayant fait faillite, avaient été retrouvés morts dans leur lit, laissant trois garçons derrière eux, dont Cole, âgé de presque 14 ans. Elizabeth Brundage alterne les récits et les points de vue et raconte par bribes la vie du couple Clare pendant ces cinq ou six mois qui ont précédé le drame survenu en février 1979. On côtoie pas mal de personnages et on apprend des choses sur la personnalité du couple Clare, un couple très mal assorti et ne venant pas du même milieu social. Catherine était une jeune femme catholique qui n'a pas osé quitter son mari alors qu'elle ne l'aimait plus. C'était une maman aimante. George se révèle être un imposteur qui a menti sur son cursus universitaire et sur d'autres choses. Il n'hésite à pas à recourir aux dernières extrémités pour ne pas être démasqué. C'est un pauvre type qui trompe sa femme et éprouve du mépris envers elle. Parmi la galerie de personnages qui gravitent autour d'eux, les trois garçons du couple suicidé jouent un rôle dans l'histoire. Cole, par exemple, devient le "baby-sitter" de Franny et il en profite pour repeindre la ferme. Justine et son mari Bram, des voisins un peu bohêmes, deviennent amis avec Catherine tout comme Mary Pratt, agente immobilière. Je ne vous dis rien de plus sur l'histoire que je vous laisse découvrir. J'ai trouvé ce roman prenant, un vrai "page turner". Je conseille tout comme Valérie, Krol, cathulu et Kathel. Un billet plus réservé de Miscellanées. Ce roman paru en anglais en 2016 est le 4ème de l'écrivain, mais le premier traduit en français.

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mercredi 30 mai 2018

En guerre - Stéphane Brizé

Sélectionné en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, En guerre de Stéphane Brizé est un film coup de poing dont on sort sonné. A Agen, Lot et Garonne, l'usine Perrin, fabricant de pièces détachées d'automobiles, doit fermer, alors qu'elle est bénéficiaire: elle n'est, selon la direction, pas assez "compétitive". Les 1100 salariés avaient pourtant consenti de lourds sacrifices: 40 heures payées 35 depuis 2 ans selon un accord écrit entre la direction et l'usine. Laurent Amédeo (Vincent Lindon, impérial) et quelques autres syndicalistes organisent des piquets de grève afin d'empêcher la production. Par ailleurs, ils font tout pour obtenir avec un contact direct avec le patron allemand (francophone et francophile) pour lui expliquer leur point de vue et demander pourquoi cette fermeture. En guerre est filmé caméra à l'épaule comme un reportage télévisé. On est au plus près des grévistes. Leurs revendications sont clairement exprimées. Laurent, lui ne veut pas de l'argent des indemnités qu'on lui propose. Il veut travailler et avoir son chèque à la fin de chaque mois. Des grévistes le suivent dans son combat, d'autres, au bout de quelques semaines, voient leurs intérêts d'une autre manière. C'est ce que cherche la direction: diviser les gens. Le discours très "langue de bois" de la partie adverse est édifiante. C'est une guerre sur le front social. J'ai été frappée par plusieurs scènes dont celle qui se passe au MEDEF où les grévistes se font refouler par la police et celle de la confrontation (enfin!) entre le patron allemand et les grévistes. La séquence finale que je ne dévoilerai pas laisse le spectateur hébété. A la fin de la projection à laquelle j'ai assisté avec mon ami, des spectateurs ont applaudi. J'avais aimé la Loi du marché, mais ce film-ci lui est supérieur par la manière de filmer et la qualité du scénario. Dommage qu'il n'ait rien eu à Cannes. Lire les billets enthousiastes de Pascale et Ffred.

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dimanche 27 mai 2018

Ils savent tout de vous / Pour services rendus - Iain Levison

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Voici deux romans de Iain Levison que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire.

L'exemplaire d'Ils savent tout de vous (Liana Levi, 231 pages), paru en 2015, m'avait été dédicacé par l'auteur au salon du livre de Paris en 2016. Iain Levison est un monsieur très sympathique. L'intrigue d'Ils savent tout de vous repose sur le pouvoir de télépathie de deux personnages: un flic du Michigan, Snowe, et Brooks Denny, un condamné à mort dans une prison. Du jour au lendemain, Snowe se met à lire les pensées de personnes qu'il croise, de la serveuse de bar au délinquant. Sa faculté extra-sensorielle le met rapidement mal à l'aise. Il essaie de vérifier sur Internet si d'autres personnes ont les mêmes facultés de télépathie. Justement, en voici un autre: Brooks Denny, en prison dans le couloir de la mort, a la même faculté de télépathe. Peu de temps avant son exécution, il est libéré par des agents du gouvernement. On voudrait qu'il rende service à l'Amérique en captant les pensées d'un dirigeant africain lors de négociations dans une pièce de l'ONU à New-York. Brooks, sa tâche terminée, arrive à échapper à ses geôliers (il a de très bonnes raisons pour cela) et en particulier à une femme redoutable, Terry Dyer. Bien évidemment, Snowe va être chargé de retrouver Brooks. C'est une sorte de thriller bien mené et qui se lit vite. Lire les billets de Violette et Simone.

Je passe au nouveau roman de Levison paru en mars 2018, Pour services rendus (Editions Liana Levi 219 pages). En 1969, en pleine guerre du Vietnam, au nord de Saïgon, une jeune recrue, le Première classe Billy Drake, arrive dans une section de combat. Dès la première nuit, il fait plusieurs gestes malencontreux qui aurait pu lui coûter la vie. Heureusement qu'un sergent se trouvait là... 47 ans plus tard, Billy Drake devenu le sénateur William Drake se représente au congrès. Il est en pleine campagne de réélection. Pendant un meeting filmé par Youtube, Drake raconte son aventure de 1969 mais en se donnant le beau rôle. Il ne pensait pas que mentir sur ce fait d'armes lui porterait préjudice, et pourtant... Il est obligé de demander à son chef de campagne d'aller trouver Freemantle, le sergent qui lui avait sauvé la vie. Celui-ci est devenu commandant d'un commissariat dans une petite ville du Michigan. Freemantle donne son accord pour être interviewé à la télévision en acceptant de ne pas dire toute l'effroyable vérité (que nous découvrons encore mieux au cours du récit). Mais est-ce que cela sera suffisant? C'est un roman caustique avec une pointe de vitriol où vérité et mensonge font bon ménage mais dans lequel Levison montre une fois de plus son empathie pour ses personnages. J'ai aimé ce roman tout comme Krol, Claude le Nocher et Baz'art.

Une fois de plus, Iain Levison ne m'a pas déçue après les réussites d'Un petit boulot, Tribulations d'un précaire, Arrêtez-moi là! et Une canaille et demie. C'est un écrivain qui sait se renouveler.

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jeudi 24 mai 2018

Mini hommage à Philip Roth

J'ai appris hier matin (23 mai 2018) la disparition de ce grand monsieur de la littérature. Pour ma part, j'ai découvert tardivement l'oeuvre de Philip Roth (1933-2018). J'ai commencé  avec Pastorale Américaine (1999), puis J'ai épousé un communiste (2001) et enfin La tache (2002). Ces trois titres que j'ai lus lors de leur parution forment une trilogie très recommandable. J'ai aussi beaucoup apprécié Indignation (2010) et Nemesis (2012 - son dernier roman). J'ai encore une dizaine de romans de Philip Roth à découvrir. Son oeuvre est très bien traduite en français et elle est publiée aux Editions Gallimard. Philip Roth n'a pas été récompensé par le prix Nobel de littérature et c'est regrettable.

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mercredi 23 mai 2018

Everybody knows - Asghar Farhadi

Sur les conseils de Pascale et Aifelle, je suis allée voir Everybody knows (Tout le monde sait) du cinéaste iranien Asghar Farhadi. J'ai hésité, j'y suis allée et verdict: j'ai aimé mais sans plus. Cela n'a pas la force de Une Séparation (2011 - pour moi, c'est son meilleur film), A propos d'Elly (2009) ou même Les enfants de Belle Ville (2004). C'est en revanche plus réussi que Le passé et même que Le client. Comme Matchingpoints, je me demande pourquoi le film porte un titre anglais (plus vendeur?). En effet, l'histoire se passe en Espagne avec des acteurs qui parlent espagnol. Tout le début du film est réussi, en particulier la séquence du mariage puis le repas et la fête qui s'ensuivent. Laura (Penelope Cruz) est venue assister au mariage de sa soeur dans un village espagnol. Elle arrive d'Argentine avec ses deux enfants dont Irène, l'ainée, une jeune fille assez insupportable. Le mari de Laura, Alejandro (Ricardo Darin), est resté en Amérique du sud. Après la cérémonie et les réjouissances, l'histoire vire au tragique, quelqu'un est enlevé et une rançon est rapidement demandée. Ce ressort dramatique ne m'a pas convaincue, je ne l'ai pas trouvé vraisemblabe surtout quand on fait la connaissance des ravisseurs vers la fin. La famille ne voulant pas appeler la police, chacun mène l'enquête et les jalousies et les rancoeurs sont mises au jour. Seul Paco (Javier Bardem), l'ancien amant de Laura, m'a paru sympathique. Quand le film se termine, c'est là que l'histoire commence vraiment. On aimerait connaître ce qui va se passer. On peut aller voir le film pour les acteurs, même si j'ai trouvé que Ricardo Darin, qui est un acteur que j'adore, joue les utilités. Dommage pour lui. Lire le billet de ffred pas très convaincu non plus.

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dimanche 20 mai 2018

Senses 1, 2, 3, 4 et 5 - Ryûsuke Hamaguchi

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A Paris et j'espère ailleurs, on peut voir un film japonais de plus de 5 heures divisé en 3 parties et donc trois séances, Senses (Toucher, écouter, voir, sentir et goûter) de Ryûsuke Hamaguchi. La version intégrale des trois parties en continu a été projetée lors de séances spéciales. Le film qui date de 2015 ne sort que maintenant. Mieux vaut tard que jamais. Les quatre actrices principales été très justement récompensées par un prix d'interprétation au festival de Locarno en 2015. Akari (une infirmière divorcée), Sakurako (la mère au foyer mère d'un grand adolescent), Fumi (mariée qui s'occupe d'une galerie) et Jun (enceinte qui veut divorcer de son mari) sont bonnes amies, même si on se rend compte au fur et à mesure de l'histoire que les liens qui les relient sont fragiles. Elles se sont connues par l'entremise de Jun. Ce film permet de suivre le chemin personnel de chacune de ces femmes après que l'une disparait (Jun). Certaines séquences sont longues (le stage de développement personnel ou la lecture publique d'une histoire) mais jamais ennuyeuses. J'ai aimé ces portraits de femmes dans le Japon contemporain où l'on assiste à un procès en divorce dans un tribunal avec un débat assez violent. Le film est riche même s'il ne se passe pas grand-chose. Par ailleurs, les personnages masculins sont en retrait mais cela ne minimise en rien leur importance. Je retiens la beauté de certains plans, le travail sur la mise en scène et les quatre actrices dont c'est le premier fim. Elles sont magnifiques. Lire les billets de Chris et ffred.

PS: en parlant de film japonais, je suis ravie que Hirokazu Kore-Eda dont j'ai vu presque tous les films jusqu'à présent ait été récompensé par une Palme d'or hier soir, 19 mai 2018, au Festival de Cannes. J'ai hâte de voir le film récompensé.

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vendredi 18 mai 2018

Le chagrin des vivants / La salle de bal - Anna Hope

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Je vous conseille les deux romans d'Anna Hope.
J'ai commencé par le deuxième paru en français, La salle de bal, (Gallimard, 383 pages, 2017). Il m'a tellement plu que j'ai lu le premier (le premier roman d'Anna Hope), Le chagrin des vivants, (Gallimard, 383 pages, 2016). L'auteur sait rendre tous les personnages attachants même les moins sympathiques comme Charles dans La salle de bal. J'aurais aimé rencontré ces personnages dans la vie.

La salle de bal, maintenant. En 1911, Ella, une jeune femme, est internée dans un asile d'aliénés après qu'elle a brisé une fenêtre de l'usine de filature où elle travaillait depuis l'enfance. On ne saura pas vraiment pourquoi. Dans cet asile de Sharston situé dans le Yorkshire, les femmes et les hommes sont séparés. Les premières font des travaux d'intérieur, les seconds travaillent aux champs à moins qu'ils ne creusent des tombes. Tous les vendredis, un bal est organisé dans une grande salle située dans l'enceinte de l'asile. Des pensionnaires des deux sexes sont sélectionnés. C'est là qu'Ella et John, un Irlandais, vont se croiser et danser. John Mulligan est un homme qui semble avoir été interné à la suite des décès de sa femme et de sa petite fille. Un troisième personnage essentiel à l'intrigue est le chef d'orchestre et violoniste, Charles Fuller. Cet être médiocre et homosexuel refoulé est premier médecin adjoint dans l'asile où il exerce depuis cinq ans. Il n'a fait que quatre ans de médecine mais il a été embauché parce qu'il savait jouer du violon. Séduit par l'eugénisme et par la théorie sur le contrôle des faibles d'esprit, Charles espère que ses projets funestes se réaliseront au détriment des malades. Le récit est composé de courts chapitres dans lesquels, Ella, John ou Charles apparaissent. Parmi les personnages secondaires, on remarque Clem (Clemency) Church, une jeune femme qui a été internée par sa famille plutôt aisée. Grande lectrice, c'est elle qui lit les quelques lettres que John envoie à Ella, qui, elle, ne sait pas lire. L'intrigue de ce roman est prenante. L'histoire d'amour d'Ella et John, bien que brève, est belle. Un roman que je conseille...

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...tout comme Le chagrin des vivants que je viens de terminer. L'histoire se passe entre le 7 et le 11 novembre 1920 à Londres. Le soldat inconnu (en anglais, on dit le guerrier [warrior] inconnnu) vient d'être choisi parmi quatre morts au combat. Il s'agit d'un soldat décédé fin 1915 ou début 1916. Le corps déterré en France va traverser la Manche dans un cercueil en chêne avant d'être inhumé à Westminster le 11 novembre, deux ans après l'armistice. A Londres, pendant ces cinq jours, on suit la vie de trois femmes, Evelyn, Ada et Hettie. Evelyn, qui a perdu la phalange d'un doigt dans une usine de munitions pendant la guerre, travaille au bureau des pensions de l'armée. C'est là qu'elle va croiser Rowan Hind, paralysé d'un bras. Rowan Hind cherche un certain Edward Montfort (c'est le frère d'Evelyn). Ce même Ed passe une soirée au palais de la danse à Hammersmith où Hettie est danseuse de compagnie pour 6 pences la danse. Ada, elle, croit encore apercevoir son fils Michael qui est pourtant mort au front en 1917. Evelyn, elle, a perdu son fiancé pulvérisé par un obus. Hettie donne la moitié de son salaire à sa mère et à son frère Fred, qui, revenu très perturbé de la guerre, ne travaille pas. Et on apprend le lien qui relie Ada aux autres personnages. Ce premier roman bien structuré se lit vit et bien. Anna Hope a un grand sens de la narration qui s'est confirmé, en attendant le troisième...

Pour La salle de bal, lire les billets de Krol, saxaoul, anis, Edyta et celui de miscellanées plus réservé.

Pour Le chagrin des vivants, les billets d'Edyta, Clarabel, Ariane, Noukette.

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mercredi 16 mai 2018

Afrique du sud - Swaziland - Zimbabwe - Bostwana (6)

Ce billet est le dernier sur mon voyage sud-africain. J'ai terminé en beauté avec les chutes Victoria et auparavant avec le parc de Chobe où se réunit la plus grande concentration d'éléphants d'Afrique. Et c'est vrai que l'on a en vu, des éléphants, on ne savait plus où regarder tellement il y en avait. On en a contemplé de nombreux qui se trempaient dans la rivière Chobe au Bostwana. Ils avaient l'air d'être heureux comme tout. Et nous, on était en mini-croisière sur cette même rivière et c'est comme cela qu'on a pu s'approcher au plus près des animaux. Un régal.

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On a passé la dernière matinée aux chutes Victoria qui furent découvertes par Livingstone, l'explorateur écossais en 1855. On nous a fortement incités à les survoler en hélicoptère. En effet, le débit des chutes est tellement important que la brume d'eau fait écran pour les personnes qui marchent le long du sentier bordant les chutes. Par ailleurs, l'eau se déverse dans un canyon étroit et il est très compliqué de prendre des photos. Les chutes sont larges de 1700 mètres avec une hauteur de 100 mètres.

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P1090270 Voici l'hélicoptère qui a emmené 5 personnes dont moi plus le pilote

P1090272 Les chutes au loin

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P1090313 Un des côtés des chutes.

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Pour prendre des photos, il faut presque un appareil photo étanche et nous-mêmes, on a pris des douches malgré les cirés que l'on avait revêtus.

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Et pour conclure, encore une girafe. Ce fut un beau voyage.

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dimanche 13 mai 2018

Passage des ombres - Arnaldur Indriðason

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Passage des ombres (Editions Métailie Noir, 300 pages) d'Arnaldur Indriðason clôt en beauté la Trilogie des Ombres (lire les billets sur le un et sur le deux). L'histoire se passe sur deux périodes, 1944 et de nos jours. En 1944, une jeune femme, Rosamunda, est retrouvée morte étranglée dans une rue près du futur théâtre national de Reykjavik. Elle travaillait dans un atelier de couture, elle était très douée dans son travail. Flovent et Thorson dont on avait suivi les enquêtes dans les deux premiers tomes sont chargés de découvrir qui a tué la jeune femme et pourquoi. Leur enquête va déboucher sur une impasse tragique. Plus de 60 ans après, un vieil homme nonagénaire est retrouvé étouffé dans son lit. On apprend assez vite qu'il s'agit de Thorson devenu Stephan Thordarson. Dans ce tome, on fait la connaissance de Konrad, un policier à la retraite qui aide la police à découvrir qui a tué Thorson et pourquoi. Je peux dévoiler que Thorson avait repris l'enquête sur la mort de Rosamunda et par la même occasion sur la mort de Hrund, une autre jeune qui s'était peut-être suicidée en se jetant dans un fjord. Leur point commun était qu'elles avaient été violées et que leur agresseur leur avait dit d'expliquer qu'elles s'étaient fait entreprendre par des elfes comme dans les sagas islandaises. J'ai trouvé l'intrigue bien menée. Indriðason maîtrise parfaitement les récits croisés sur deux périodes. Les histoires se recoupent. C'est vraiment prenant mais empreint d'une grande tristesse. Des trois tomes, c'est mon préféré. Lire le billet de Simone.

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vendredi 11 mai 2018

La route sauvage - Andrew Haigh / Une femme heureuse - Dominic Savage

Ayant suivi le conseil de Pascale, je suis allée voir La route sauvage d'Andrew Haigh qui narre l'histoire du jeune Charley, 16 ans, vivant dans l'Oregon. Peu après le début du film, son père volage se fait tuer par un mari jaloux. Quant à sa mère, il ne la connaît pas puisqu'elle est partie juste après sa naissance. Depuis peu, Charley s'occupe d'un cheval de course appelé "Lean on Pete" qui appartient à Del (Steve Buscemi). Ce Del n'est pas tendre avec ses chevaux. Dès qu'ils commencent à perdre des courses hippiques (comme Lean on Pete qui a mal aux jambes) il s'en débarrasse en les revendant au Mexique. Charlie, dévasté par le décès de de son père, kidnappe Pete avant qu'il ne soit revendu. Il s'embarque en sa compagnie vers le Wyoming où Charlie espère retrouver sa tante Margie. Pendant son périple, entre l'Oregon et Laramie, une ville du Wyoming, soit une distance de presque 2000 km, Charlie va affronter plusieurs épreuves dont une violente et terrible. Il va souffrir en particulier de la faim et de la soif. On se demande s'il va triompher de tous les obstacles. Une jolie histoire qui aurait gagné à être un peu plus courte. Le film qui dure deux heures m'a permis de découvrir un jeune acteur prometteur: Charlie Plummer.

Je passe à Une femme heureuse de Dominic Savage, un film qui m'a beaucoup plu malgré les critiques tièdes le concernant. Tara (Gemma Arterton, très inspirée) a tout pour être heureuse, un mari aimant, deux beaux enfants, une grande maison dans la banlieue de Londres. Mais Tara s'ennuie, elle n'est pas heureuse. C'est une des premières répliques qu'elle dit. Il faut noter qu'il y a peu de dialogues mais beaucoup de plans rapprochés sur les acteurs et en particulier sur le visage de Gemma Arterton. J'ai trouvé que le réalisateur avait très bien su montrer par sa manière de filmer ce que peut ressentir Tara. Elle étouffe, elle ne se sent pas bien. Elle est au bord de la dépression. La caméra illustre bien ses sentiments. Et pourtant son mari Mark l'aime, il n'arrête pas de le lui dire, même si, par ailleurs, il fait des remarques pas gentilles à son encontre. J'ai moi-même trouvé le personnage de Mark assez pénible. On peut comprendre que Tara veuille changer de vie malgré Florie et Ted, ses deux enfants. Elle ne se sent pas à la hauteur pour les élever. Le personnage de Tara m'a beaucoup fait penser aux femmes d'Arlington Road de Rachel Cusk, ces femmes enfermées dans un rôle, celui de mères de famille qui s'occupent de leur intérieur tandis que leur maris gagnent l'argent du ménage. J'ai aimé la fin ambiguë. Il faut noter la prestation toujours juste de Marthe Keller dans un petit rôle. Lire le billet de Baz'art.

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mardi 8 mai 2018

La révolution silencieuse - Lars Kraume / Comme des garçons - Julien Hallard

Cela serait dommage que vous passiez à côté de La révolution silencieuse de Lars Kraume. Je ne sais pas si le film rencontre son public d'autant plus que j'ai constaté que les critiques étaient un peu tièdes: "film académique, mise en scène convenue", etc. Ce film allemand raconte comment quelques lycéens, en 1956 à Berlin-Est pendant un cours d'histoire, ont respecté deux minutes de silence en hommage aux victimes faisant suite à l'insurrection de Budapest en Hongrie. La répression par les soviétiques fut terrible. C'est l'année du bac pour Kurt, Théo, Erik, Lena et les autres. C'était cinq ans avant le construction du mur. Les habitants de Berlin-Est étaient autorisé à passer à l'Ouest pour rendre visite à de la famille. Kurt va souvent sur la tombe de son grand-père enterré à Berlin-Ouest. Il emmène la plupart du temps Theo avec lui. Ils allaient souvent deux par deux au cas où l'un des deux serait arrêté. Un jour, ces jeunes gens vont écouter une radio clandestine chez l'oncle d'un des leurs. C'est là qu'ils apprennent les événéments de Budapest. Les deux minutes de silence décidée par l'un d'entre eux et accepté par les autres provoquent la colère de leur professeur qui en réfère au directeur. Un engrenage s'enclenche et une envoyée du pouvoir est-allemand mène l'enquête. Il lui faut un coupable qui sera sévèrement puni. Elle met la pression sur tous ces élèves qui résistent. Tous les coups, même les coups bas, sont permis. On fait connaissance des familles de ces élèves. Certains sont des notables, d'autres des ouvriers. Les convictions de chacun sont différentes et le nazisme reste dans les mémoires. D'ailleurs, ce passé douloureux joue un rôle partiel dans le dénouement du film que j'ai trouvé passionnant. Les jeunes comédiens sont tous remarquables. Un très bon film.

Je voudrais maintenant parler de Comme des garçons de Julien Hallard, un film sans prétention et sympathique qui raconte comment une équipe de France de foot féminine fut créée en 1970 à Reims. Un journaliste sportif du journal local a l'idée de créer une équipe de football féminine pour qu'elle joue à l'occasion d'une kermesse. Les candidates passent un entretien, elles sont jeunes ou moins jeunes, plus oui moins jolies, salariées pour quelques-unes et presque toutes mariées. A cette époque encore, le mari doit donner la permission pour que sa femme puisse jouer au football. Nous sommes pourtant après mai 68! Ces femmes toutes motivées pour jouer au foot s'entraînent malgré les obstacles administratifs, le machisme ambiant et la misogynie. Il faut voir Emmanuelle Bruno (Vanessa Guide), une secrétaire compétente et fille d'un ancien footballeur, dribbler de manière magistrale. Allez voir le film pour l'originalité du sujet.

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lundi 7 mai 2018

Cabu à la Comédie Française (salle Richelieu)

Dasola et moi (ta d loi du cine, "squatter") avons eu l'occasion récemment d'aller à la Comédie Française. Je vais m'appuyer sur cette sortie théâtrale (qui n'est pas le sujet du présent billet) pour mon billet "Charlie hebdo" du mois de mai 2018.

Depuis le 10 mars et jusqu'au 25 juillet 2018, la salle Richelieu expose 200 dessins de Cabu sur la thématique "Vive les comédiens" (dont un certain nombre de croquis inédits), à voir "pendant l'entr'acte" (dans la pratique, il est difficile d'en faire le tour en ce laps de temps sauf à marcher très vite!).

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Plutôt que de la paraphraser, voici les photos de la petite plaquette.

P1090422   P1090421 Il paraît donc qu'il y a des photos jusque dans les toilettes. Question sans réponse à ce jour: dessins différents pour les hommes et les femmes?

Il existe aussi, disponibles en téléchargement, deux riches "Dossier pédagogique" (pour les scolaires) et "Dossier à destination des enseignants".

Durant sa carrière, Cabu a illustré les affiches de plus d'une d'une centaine de pièces de théâtre. Une douzaine sont visibles dans le grand escalier (pas de photos ici).

Lors de notre visite (avant la pièce, à l'entracte, et enfin à contresens lorsque le gros des spectateurs sortaient en fin de spectacle), j'ai fait une sélection "à la volée" des dessins qui me "parlaient" le plus, et Dasola a bien voulu les capter au vol pour que je puisse les citer dans le présent billet. N'oublions pas, bien entendu, de préciser que toute l'oeuvre de Cabu est désormais "copyright Véronique Cabut".

20180429_134121 Je me rappelle avoir vu Bernard Tapie dans cette pièce naguère. Il n'a plus la même tête aujourd'hui (pour la faconde, je ne sais pas!).  

20180429_134402 Il faut prêter attention à tous les textes (accessoirement, je ne savais pas que Cabu avait illustré la chronique théâtrale du Figaro à la fin des années 60...).

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20180429_134621 Bien trouvé, pour l'intermittence! ...

20180429_152933 ... et comme quoi, Cabu est toujours d'actualité (tout est dans le choix parmi ses dizaines de milliers de dessins...).

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20180429_153114 Que n'aurait-il pu encore dessiner, Macron président, en terme de "comédies du pouvoir", ce grand Cabu!

20180429_153925     20180429_134014 [vérification faite, Marivaux, c'est un choix de dasola, pas de moi...]. 

20180429_163622 Ah, et pour finir, ma souffleuse me signale qu'elle voulait faire un petit "coucou" à Claudialucia via ces derniers dessins!

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*** Je suis Charlie ***

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